| Dossier : Le développement international des entreprises innovantes en région PACA |
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Interview de Claudia Chang, Déléguée Régionale PACA et Corse pour UBIFRANCE et retour d'expérience de Toni Doublet, gérant de la société Exkee ... Claudia Chang : UBIFRANCE c'est l'agence française pour le développement international des entreprises. Notre vocation est d'accompagner toute entreprise française qui souhaite se développer à l'international. Entre notre siège à Paris et notre établissement à Marseille, nous comptons environ 500 collaborateurs, auxquels s'ajoutent via notre réseau de missions économiques près de 1200 collaborateurs au service des entreprises dans 66 pays dans le monde. UBIFRANCE propose un accompagnement à l'international en trois étapes. Lorsque l'entreprise se pose des questions pour savoir si elle a un marché potentiel à l'étranger ou pas, elle a besoin d'information sur les marchés, et ça c'est le volet Conseil, où nous allons donner à l'entreprise l'information dont elle a besoin pour prendre une décision. Une fois validée cette information, ayant déterminé où était son marché, l'entreprise bénéficie ensuite du second volet, Contact, où elle part à l'étranger en individuel ou en collectif afin de chercher des clients potentiels. La troisième phase de cet accompagnement c'est le volet Communication où par le biais de notre réseau de 17 bureaux de presse à l'étranger, qui ne traite qu'avec la presse professionnelle, l'entreprise pourra obtenir des publications sérieuses et reconnues dans les journaux du pays qu'elle cible. Bien entendu, ces étapes sont en partie subventionnées par UBIFRANCE, mais il y a également un coût de participation pour l'entreprise. Par ailleurs, nous proposons aussi des VIE (Volontariat International en Entreprise), qui sont une possibilité pour les entreprises françaises d'envoyer un jeune de moins de 28 ans à l'étranger effectuer une mission qui va favoriser l'implantation et le développement de l'entreprise à l'international. MBF : Combien d'entreprises UBIFRANCE accompagne-t-elle en région PACA ? Quels sont les résultats de cet accompagnement ? Claudia Chang : L'année dernière nous avons accompagné 1364 entreprises sur un objectif de 865 donc comme vous pouvez le voir on a dépassé largement les objectifs, et cette année, nous sommes déjà à 717 accompagnements au mois de mai. Un accompagnement, concrètement, c'est lorsque l'entreprise a fait appel à nous pour ses démarches export (conseils sur le marché potentiel, contacts sur le marché ciblé, communication dans les journaux spécialisés du pays ciblé). L'entreprise peut ainsi partir à l'étranger de manière individuelle ou collective pour des salons sous la houlette du « Pavillon France » d'UBIFRANCE dans les grands rendez-vous internationaux, bénéficier de rendez-vous d'affaire organisés comme les rencontres acheteurs. Elle bénéficie aussi d'un accompagnement lorsqu'elle fait appel à un VIE, ou à une procédure d'aide directe comme le SIDEX (Soutien Individualisé à la Démarche Export d'une entreprise). MBF : On parle beaucoup de la « crise ». Est-ce un frein au développement des entreprises uniquement, ou peut-elle être également un facteur de croissance ? Claudia Chang : Lorsque le marché interne et domestique va mal, il faut forcément que l'entreprise cherche d'autres marchés à l'étranger. Donc on ne peut pas dire que la crise à empêché les entreprises françaises d'exporter, d'autant qu'UBIFRANCE a pu bénéficier d'augmentations des subventions de l'Etat justement pour accompagner davantage les entreprises à l'étranger en cette période un peu difficile. MBF : Quels sont les pays les plus intéressants pour nos PME régionales, notamment en matière d'innovation ? Claudia Chang : Globalement, les trois premières destinations qui ouvrent leurs portes aux produits et savoir-faire de nos entreprises en PACA sont l'Allemagne, les Etats-Unis et l'Italie, qui sont donc les trois premiers pays d'affectation de VIE. Historiquement, l'Afrique du Nord et les pays du Maghreb restent des partenaires habituels de nos entreprises méditerranéennes. Pour ce qui est des entreprises innovantes en particulier, les marchés porteurs et ouverts à nos PME restent le Japon, les Etats-Unis et le Canada, qui sont toujours à la pointe dans ces domaines. MBF : Est-il possible d'envoyer un VIE dans un laboratoire par exemple, non pas à des fins de développement de la stratégie commerciale de l'entreprise, mais pour lui fournir compétences et savoirs à haute valeur ajoutée ? Claudia Chang : Le dispositif VIE est ouvert à tous types d'entreprises et de missions, pour des candidats qui ont tous types de profils : ça va du boulanger à l'ingénieur ou le chercheur, en passant par l'attaché commercial, le contrôleur de gestion, l'informaticien etc. Donc la mission que le VIE va effectuer à l'étranger peut tout à fait être scientifique. On peut ainsi envisager des partenariats entre une entreprise ici et un laboratoire là-bas, à partir du moment où le volontaire sera effectivement basé à l'étranger. Un VIE c'est une mission qui va durer entre 6 et 24 mois selon le pays d'affectation afin d'être en règle avec les formalités de visa sur place ; par exemple les USA n'acceptent que 16 mois, le Brésil 12 mois, le Japon 24 mois pour vous donner une idée. Un VIE va obligatoirement avoir entre 18 et 28 ans et la plupart de nos VIE sont des diplômés de 25 ans et d'environ Bac+5. La gestion administrative et juridique du VIE est entièrement déléguée à UBIFRANCE qui va s'occuper des aspects contractuels, du versement des indemnités ou encore de la protection sociale du volontaire, qui dispose ainsi d'un statut public, puisqu'il est placé sous la tutelle administrative de la mission économique du pays d'affectation. L'entreprise n'a plus qu'à piloter son activité opérationnelle, quelle que soit la mission qui lui est confiée. Je précise juste pour information que le contrat VIE bénéficie d'aides nationales et régionales comme le Crédit d'Impôt Export ou le Contrat d'Assurance-Prospection COFACE, de manière adaptée aux problématiques des PME. MBF : Avez-vous des partenariats stratégiques en matière d'innovation ? Claudia Chang : Nous avons une convention avec la DGCIS (Direction Générale de la Compétitivité, de l'Industrie et des Services) du Ministère de l'Industrie et nous avons un service à Marseille entièrement dédié aux partenariats technologiques au niveau national. Ce service monte donc des missions partenariales ou des rencontres partenariales subventionnées par la DGCIS dont plusieurs pôles sont partenaires, comme les pôles SCS, Optitec ou PEIFL, entre autres. MBF : Les entreprises innovantes sont sur des marchés à haut potentiel de développement. Dans quels domaines innovants recevez-vous le plus de requêtes pour des VIE ? Claudia Chang : En région PACA, les trois premiers secteurs qui recrutent nos VIE sont l'aéronautique, l'industrie électronique et les services. Comme nous avons eu l'occasion de l'évoquer, nous avons un très large panel de profils, et il s'agit de faire correspondre au mieux les besoins de l'entreprise française faisant appel à nous et les compétences d'un des volontaires présent dans notre vivier de candidats. Sur ces secteurs très innovants, nous trouvons toujours des candidats motivés, qui ont généralement une première expérience à l'international. En savoir plus sur Ubifrance : www.ubifrance.fr En savoir plus sur le Volontariat International en Entreprise (VIE) pour les PME : http://www.ubifrance.fr/formule-vie/solutions-pme-pmi.html En savoir plus sur les aides publiques à l'export gérées par Ubifrance (SIDEX, INNOVEX) : http://www.ubifrance.fr/prestations/aides-a-l-export/innovex.html *** Retour d'expérience, société Exkee, Toni Doublet - Gérant Nous avons eu l'occasion de recourir à un V.I.E. pour lancer notre à développement à l'international et tester la pertinence de l'ouverture d'un bureau à l'étranger. Cette solution flexible est économique pour une jeune start-up. Par rapport à notre domaine d'activité, le jeu vidéo, nous avons choisi Montréal comme ville d'implantation. La présence sur le territoire nord-américain et la proximité avec les grandes entreprises du secteur a favorisé les contacts commerciaux et nous a permis d'être plus souvent présents sur les salons spécialisés. Nous avons ainsi gagné en notoriété. La prospection internationale peut évidement se faire depuis la France, mais cela va plus vite quand on est sur place et c'est également plus économique en terme de déplacement. Nous avons signé quelques contrats pendant la période du V.I.E. Cependant, cette solution demande rigueur et confiance : le volontaire est souvent seul, il n'a pas les mêmes fuseaux horaires ; il doit donc savoir s'autogérer. Cela nécessite à un travail important de suivi et de gestion. Ces mois de présence nous ont fait gagner en image de marque par le biais d'articles dans la presse et les magazines spécialisés. Le jeu vidéo est un domaine qui se développe de fait à l'international. Notre présence sur place et la proximité avec les plus grands acteurs du secteur a été bénéfique même si nous n'avons finalement pas créé de poste là-bas. Les contacts ont été acquis pour Exkee. En savoir plus sur la société Exkee : www.exkee.com |
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