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Dossier : Les entreprises innovantes face à la crise Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L’innovation et la crise
Pour O1 informatique « innovation industrielle et crise ne font pas bon ménage » les discours préconisent de ne pas diminuer les budgets de la R&D, mais en réalité l’externalisation massive de ce secteur en fait une variable d’ajustement. Renault aurait supprimé 1800 contrats de prestataires en ingénierie.
Les projets en cours ne sont pas arrêtés mais on ne lance pas de nouveaux projets ce qui peut être inquiétant pour l’avenir. Le risque existe alors qu’un concurrent lance un nouveau produit.
Les projets qui répondent à une attente des consommateurs ou à des décisions gouvernementales en matière de norme (environnement) sont maintenus.
Certains secteurs sont plus touchés que d’autres : l’automobile, notamment les équipementiers, les postes à faible expertise technique, les prestations les plus banalisées, l’électronique grand public…
Par contre bon maintien des secteurs de l’informatique embarquée, la simulation numérique, l’aéronautique, l’énergie…
Les télécoms, grâce à l’évolution très rapide des technologies, les secteurs militaire, spatial et nucléaire, en raison de leur cycle de développement longs, sont peu sensibles aux fluctuations de l’économie.
Selon une étude réalisée en 2008 auprès de 2700 dirigeants d’entreprises par le cabinet Boston Consulting Group (BCG), 14 % des entreprises vont réduire le budget de leurs plans d'innovation en 2009 et 58 % prévoient de ne l'augmenter que très légèrement. Selon BCG, ce dernier pourcentage est "le plus bas jamais connu".
Néanmoins, 64 % des dirigeants interrogés estiment que l'innovation reste une priorité et la considèrent comme critique pour la compétitivité de leur entreprise à long terme.
Selon une autre étude 55 % des dirigeants de PME considèrent qu’ils résistent à la crise, leur activité étant stable, voire en augmentation pour 12 % d’entre eux. Toutefois, 31 % des chefs d'entreprise font face à un ralentissement, sans menace pour la continuité de leur société, tandis que 14 % craignent pour la survie de leur entreprise. Les plus grosses entreprises étant les plus touchées. (Le journal de l’innovation, 30 avril 2009, n° 529)

Crise : catastrophe ou opportunité ?

Pour le Comité supérieur de la recherche et de l'innovation, la crise doit servir à se positionner sur de nouveaux marchés.
Le journal de l’innovation cite Jean-Claude Chabin, président de Techinnov et vice-président industrie du CCI de l’Essone, « la crise peut être considérée comme une opportunité dans la mesure où elle oblige à réfléchir au rebond et à redéfinir sa stratégie. L’innovation apparaît aujourd’hui, plus que jamais, comme la seule façon de se démarquer et de faire des affaires mais elle réclame des marchés et des financements. »
D’après le journal de l’innovation, le secrétaire d’État chargé des petites et moyennes entreprises, Hervé Novelli, a estimé que ce serait une erreur stratégique pour les entreprises, en cette période, que de diminuer leurs efforts en matière d’investissements dédiés à la recherche développement et à l’innovation. (Les entreprises innovantes) ont doublé leur chiffre d’affaires entre 2004 et 2007, leurs investissements en faveur de la R&D représentent au moins 10% de leur chiffre d’affaires et elles ont consolidé le rôle de l’innovation dans leur stratégie en déposant, chacune, au moins cinq demandes de brevets en quatre ans. En outre, ces PME ont à elles seules créé 800 emplois depuis 2004. De leur côté, les 15 laboratoires de recherche présélectionnés par l’INPI ont dans la même période valorisé leurs brevets avec la création de 21 entreprises représentant 100 emplois.
Une autre piste : l’internationalisation…Pour OSEO « les entreprises fortement exportatrices et innovantes font preuve d’une bien meilleure résistance que les autres dans un contexte de ralentissement économique. En effet, les entreprises réalisant plus du quart de leur chiffre d’affaires à l’international ont évalué à 11,2 % la progression de leurs ventes et les PME innovantes ont déclaré une hausse de leur chiffre d’affaires de 7,6 % en moyenne en 2008 au lieu de 1,1% pour les non innovantes.»
Lors du forum interdisciplinaire de l’ESSEC «  Questionner la crise »  (http://www.essec.fr/sites/forum-essec/index.html) qui a eu lieu le 9 avril, l’accent est mis sur la nécessité d’une « innovation responsable » qui doit tout autant se méfier des excès que de l’inertie. La crise doit amener à des changements de comportement à tous les niveaux de l’entreprise, notamment il semble indispensable de « réintroduire l’humain » dans le management car « l’innovation se fait avec des personnes », retrouver du sens (de la réalité notamment) et développer des visions à long terme.
Dans ce même colloque, Pierre Tapie, Directeur général de l’ESSEC, propose 7 éléments clés pour inciter les jeunes à innover, le premier élément étant :  se confronter à l’international et l’interculturel…
Liaisons sociales (avril 2009, n° 101) donne la parole aux cadres qui veulent une direction plus transparente dans sa gestion de la crise, et qui voient en celle-ci l’espoir de repenser le fonctionnement de l’entreprise.

En conclusion, il faut investir en temps de crise pour en récolter les fruits après la crise…et profiter de la crise pour changer l’entreprise.


En savoir plus : Maurice Thevenet, Manager en temps de crise, éditions d’organisation.
 
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