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Dossier : Oseo Innovation, interview de Pierre Joubert Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Interview de Pierre Joubert, Directeur Régional Adjoint d'OSEO PACA
 Incubateur Impulse : Pourriez-vous nous faire part du rôle et des missions d'OSEO ?
Pierre Joubert :
OSEO, c'est historiquement un établissement public qui finançait l'innovation, l'Anvar, et une banque qui finançait les entreprises, la BDPME. Nous avons lors de la création d'OSEO conservé les mêmes missions. A ce titre, nous avons un rôle de soutien de l'entreprise dans les phases de sa vie les plus risquées : innovation, création, transmission,  développement et international. Notre but, c'est d'avoir un effet de levier là où les autres organismes financiers classiques n'interviennent pas ou plus difficilement. Ainsi, si je devais résumer, je dirais que nous avons trois métiers : le financement de l'innovation, la garantie aux banques pour les inciter à financer des projets risqués, et le co-financement en partenariat avec ces organismes qui nous permet de lancer des projets qui ne le seraient pas sans ça. OSEO PACA a une très bonne connaissance des entreprises innovantes, et accompagne aussi bien des projets individuels que collaboratifs financièrement ou dans leurs démarches de levées de fonds.

Pour bien comprendre, il faut replacer OSEO dans le réseau régional d'innovation, qui regroupe environ 300 acteurs en PACA, à tous les stades, depuis les cellules de valorisation, en passant par les incubateurs et les pépinières jusqu'aux pôles de compétitivité. Nous nous positionnons dans une véritable chaine de valeur puisque l'incubateur repère et mature des projets innovants, les pépinières leur fournissent des locaux et les accompagnent, et OSEO finance leur phase aval, une fois la création faite. En effet, OSEO ne finance que des entreprises déjà créées, à quelques rares exceptions près comme les lauréats du Concours du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, qui peuvent exceptionnellement se voir financer leur création d'entreprise.

Il faut savoir que l'Etat nous demande de financer des projets de plus en plus risqués. Les incubateurs deviennent de fait nos partenaires privilégiés car la plupart des entreprises innovantes que nous recevons sort de leur giron. Les secteurs les plus présents sont les NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) et les Sciences du Vivant, qui sont en effet les cœurs de cible des trois incubateurs de la région.

II : Dans quelle mesure le caractère JEI d'une entreprise est-il un critère de choix dans les demandes de soutien à votre équipe ?
Pierre Joubert :
Je ne dirai pas que c'est un critère de choix, ou du moins qu'il n'est pas assez significatif pour subventionner un dossier sur cette base. A vrai dire, les choses se font en parallèle, et la qualification JEI ne fait que confirmer l'idée que la société est innovante, mais ça n'est pas un critère prioritaire, plutôt une simple information.
Les critères prioritaires sont plutôt la qualité de l'équipe, la polyvalence, les parcours des membres de l'équipe, leur expérience, le projet en tant que tel bien sûr, et surtout son potentiel en termes de retombées économiques et sociales. Sa capacité à lever des fonds est également primordiale, tout projet aura un besoin de ressources externes afin de développer la structure.  


II : Pourriez-vous nous en dire plus sur le Concours du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche 2010, ses candidats, ses lauréats, les nouveautés ?
Pierre Joubert :
Voilà onze ans que ce concours existe puisqu'il a été créé en 1999, et très franchement, il s'agit de la meilleure année que nous ayons eue : la qualité des dossiers était exceptionnelle et nous avons frisé l'excellence. Nous avons étudié beaucoup de projets dans le photovoltaïque et dans les NTIC notamment qui étaient de très bonne qualité car très complets. Ces dossiers avaient trouvé un véritable équilibre entre les cinq aspects prioritaires que nous étudions, c'est-à-dire les aspects financiers, équipe, technologie, marché, et propriété industrielle. Nous n'avions jamais fait remonter autant de dossiers que cette année, et le jury était très embêté pour trier la centaine de dossiers reçus.
Le nombre de participants cette année est d'ailleurs un record dans l'histoire du concours, puisque nous avons constaté pas moins de 20% d'augmentation par rapport au nombre habituel de projets. Nous espérons beaucoup battre cette année un autre record, celui du nombre de lauréats. Habituellement, on compte environ cinq lauréats dans la catégorie Création – Développement et environ six pour la catégorie Emergence, mais cette année la Création –Développement devrait compter plus de récompenses encore.

Il faut noter que ces projets récompensés créent en moyenne six emplois par entreprise, et que celles-ci restent pérennes à 66% sur cinq ans, ce qui est un très bon chiffre. Par ailleurs, les deux tiers de ces sociétés primées lèvent des fonds privés dans les trois ans, c'est dire la qualité des projets. Parmi les lauréats précédents, nous pouvons compter maintenant trois sociétés qui engagent plus de cinquante personnes, et environ 34% de sociétés qui comptent entre 10 et 50 salariés.

Seul bémol : nous regrettons le manque de femmes. En effet, nous n'avons reçu que 15% de dossiers portés par des femmes, mais celles-ci déposent globalement moins le bilan que les autres sociétés, puisqu'elles ne sont que 12.5% à abandonner. Espérons que la tendance ira à l'équilibre, et que nous aurons le plaisir d'en entendre davantage !

 
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