Newsletter
Newsletter Septembre 2009
DOSSIER : Valorisation de la recherche : rencontre avec Sophie Gomez | DOSSIER : Valorisation de la recherche : rencontre avec Sophie Gomez |
|
|
|
|
Pour le dossier sur la valorisation de la recherche, nous avons rencontré Sophie Gomez adjointe à la DRRT PACA qui a répondu à nos questions ...
Céline Souliers : Pouvez-vous nous parler de la valorisation de la recherche ? Sophie Gomez : Tout d'abord, il faut rappeler qu'aujourd'hui nous pouvons parler de valorisation de la recherche grâce aux dizaines d'année de recherche dites fondamentale qui ont été faites en amont. C'est tout ce processus de découverte puis d'application qui nous mène à la valorisation. Il faut également préciser que nous parlons de valorisation que depuis très peu de temps. Jusqu'à la loi sur l'innovation, avec laquelle les établissements publics à caractère scientifique et technologique fournissent à des entreprises des moyens de fonctionnement, assurés par des conventions, les laboratoires de recherche avaient peu de relation avec le monde socio-économique. De plus, la loi sur l'innovation de 1999 a permis de simplifier certains axes de la valorisation comme la création d'entreprise innovante pour les chercheurs. Pour revenir sur la valorisation en elle-même, elle se présente sous différentes formes. Dès qu'il y a transfert de technologies ou de savoir, il y a valorisation. Mais le système actuel ne permet pas encore aux chercheurs d'être reconnus par une autre voie que la publication. CS : Vous voulez dire que la valorisation n'a pas encore atteint son apogée ? SG : Certes, depuis 10 ans, on entend parler de création d'entreprise, de dépôt de brevets, mais il manque encore de sensibilisation. Peu de chercheurs vont se poser la question de la valorisation. Et une fois leurs publications faites, comme leurs innovations ne sont plus brevetables, cela empêche la valorisation. L'objectif du chercheur reste, à ce jour, de produire de la connaissance. Il va falloir un changement culturel pour qu'ils s'orientent vers le transfert de ce savoir. Cela peut s'opérer par une plus grande reconnaissance de la valorisation. Mais, il est également important de sensibiliser les chercheurs en intégrant ces notions dans leur cursus universitaire ou en faisant de la détection intense dans les laboratoires. Parfois, le plus dur est de trouver une personne prête à s'approprier le projet pour l'amener à maturation et pour aboutir au dépôt d'un brevet. Les cellules de valorisation et la structure ValorPACA, pour ne citer que notre Région, ont un grand rôle à jouer dans cette phase de détection et de maturation des projets. La réussite de l'exercice demande un dialogue en amont entre les acteurs du monde socio-économique et les acteurs de la recherche. CS : Justement, pouvez-vous nous parler de la chaine de la valorisation et plus particulièrement celle de la Région Provence Alpes Côte d'Azur ? SG : La chaîne de la valorisation commence dans les laboratoires (des universités ou des organismes de recherche). D'abord, il y a la détection soit par les chercheurs en lien avec les cellules de valorisation, qui permet de protéger cette cette découverte avant de l'amener à maturation. Ces étapes vont être accompagnées par Valorpaca. En découlera ensuite la possibilité de proposer cette innovation sous forme de licence auprès des industriels ou de créer une entreprise. Lorsque le projet vise la création d'une entreprise, il peut être accompagné par un incubateur. En Provence Alpes Côte d'Azur, on en compte 5 dont 3 issus de la loi allègre, 2 généralistes et 1 thématique : Impulse, Paca Est et Belle de Mai. Une des phases les plus délicates restant la détection, ValorPACA diffuse des appels d'offres et peut aider financièrement à la maturation des projets. Il faut également mentionner que la Région PACA a bien identifié cette chaine et son importance dans le développement de l'innovation, avec notamment la structuration des ses acteurs au sein du Réseau Régional de l'Innovation. Le ministère de la recherche, représenté par La DRRT en région, soutient le processus de cette chaîne avec ses différentes actions menées auprès des chercheurs, son expertise et ses financements de plateformes technologiques, d'incubateurs, de Centre Régional d'Innovation et de Transfert de Technologie. Le concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes a également permis une bonne communication et une sensibilisation des chercheurs à la création mais il ne s'agit qu'un des axes de la valorisation. CS : Que voyez-vous pour l'avenir ? SG : Il m'apparaît important de continuer à développer la sensibilisation dans les laboratoires mais également d'agir plus en amont. La culture de la valorisation doit s'acquérir dès la formation en master, afin d'appréhender la connaissance du secteur industriel. Il est aussi nécessaire de soutenir les chercheurs qui souhaitent valoriser, de faire comprendre que les liens et les partenariats entre les deux cultures (recherche et industrie) sont enrichissants pour les deux parties. La valorisation de la recherche dite « appliquée » ne met pas fin à la recherche dite « fondamentale », bien au contraire, l'une à besoin de l'autre et vice-versa. L'une apporte les moyens nécessaires à la réussite de la valorisation et l'autre de nouvelles perspectives d'innovation. Les liens avec les pôles de compétitivités dans la chaine de valorisation sont encore à renforcer pour permettre la rencontre entre les industriels et les chercheurs. Du chemin a été fait depuis plusieurs années, et plus particulièrement depuis la loi de 1999 mais il en reste encore à faire. Il faudrait peut-être ne pas voir la valorisation à travers une chaîne mais plutôt comme un processus brownien où la fertilisation croisée entre les acteurs du monde socio-économique et les chercheurs prendrait toute sa place. La spirale de la création de connaissance en interaction avec les entreprises permettrait la réussite de l'exercice. |
| < Précédent | Suivant > |
|---|