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Newsletter Mai 2010
Parole à Benoit Telle, ancien chercheur du LIRMM et créateur de Technooliq | Parole à Benoit Telle, ancien chercheur du LIRMM et créateur de Technooliq |
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Céline Souliers : Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
Benoit Telle : J'étais chercheur au Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM). J'ai commencé par une thèse sur l'utilisation de l'arithmétique par intervalle en vision par ordinateur. J'ai ensuite continué en tant que doctorant sur un projet de recherche entre le LIRMM et le laboratoire japonais JRL. L'objet du post doc était le portage du travail réaliser durant la thèse sur des problématiques de robotique humanoïde, pour ne pas entrer dans les détails, je vous invite à chercher le robot « HRP2 » et a regarder sa tête, elle est composée de trois cameras, c'est la plateforme sur laquelle j'ai travaillé durant cette période. Toujours sur la même thématique des techniques de calcul par intervalles, j'ai continué ma collaboration avec le LIRMM en travaillant sur une innovation en imagerie médicale qui fait l'objet d'un dépôt de brevet actuellement. Ces années de travail avec le LIRMM m'ont permis de tisser des liens avec des créateurs de start-up innovantes. J'ai notamment travaillé avec l'une d'entre elles. Cela m'a sensibilisé à la création d'entreprises mais également à l'importance du transfert de la connaissance entre le public et le privé. Après un passage dans le privé, une opportunité s'est présentée et j'ai décidé de me lancer. CS : Vous mentionnez l'importance de transfert de la connaissance entre public et privé, comment s'est déroulée pour vous la valorisation de vos travaux de recherche ? BT : Mon expérience technique et les méthodes de travail acquises dans le contexte d'un laboratoire de recherche au sein du LIRMM m'ont permis de développer très rapidement des solutions et des innovations avec les personnes pour lesquels j'ai travaillé. Les connaissances acquises ont été très vite mises en pratique. Aujourd'hui, cette expérience est d'autant plus importante car je la mets en œuvre au sein de ma propre entreprise. Et je compte en faire usage encore plus à l'avenir. Beaucoup d'outils que j'ai développés au cours de ma thèse sont déjà utilisés au sein de Technooliq. De mon expérience, le transfert de connaissance : c'est moi, ça prend la forme de productions très techniques et de formations pour les personnes avec qui je travaille. A présent, la valorisation va devoir continuer grâce au réseau de personnes que je me suis créé au cours de ces années d'expérience, que ce soit dans le domaine académique ou dans le domaine professionnel puisque c'est là que j'ai notamment rencontré mon associé actuel. CS : Justement, pouvez-vous nous en dire plus sur Technooliq ? BT : Technooliq travaille sur le développement d'une nouvelle génération de camera 3D. Nous nous inscrivons dans un programme de recherche, de développement et d'investissement important sur un premier cycle de 3 à 5 ans. Nous ponctuons nos travaux par la sortie de solutions technologiques qui vont s'appliquer spécifiquement à un marché donné. Nos premiers livrables nous permettent de proposer notamment des outils de scénarisation d'espaces interactifs. Nous transformons des surfaces, des volumes, des objets, des écrans en espaces de communication interactifs. Ce qui engendre de nouvelles expériences utilisateur, de nouvelles IHM. Nos technologies SHIVA sont par exemple utilisées dans des parcs d'attractions comme Vulcania, dans des espaces de découverte interactifs ou pour des espaces de jeux interactifs dans les centres commerciaux. CS : Comment a commencé l'aventure ? BT : Comme je le disais précédemment, et comme cela arrive souvent, c'est la rencontre de deux personnes : Benjamin et moi-même. Benjamin a un profil orienté business, il connaissait les besoins du marché sur de nouvelles formes d'interface homme/machine. De mon côté, je développais des solutions pouvant répondre à ses attentes. Conscient que je ne pouvais pas me lancer seul, et de son côté, certain que mes travaux pouvaient répondre au besoin du marché, l'association de nos deux compétences a été une opportunité à saisir. Nous avons commencé à travailler concrètement ensemble sur le projet en 2008 en construisant les premières solutions. Nous nous sommes ensuite installés à la pépinière Marseille Innovation en début d'année 2009. Nous ne cherchions pas forcément à nous faire accompagner dans notre processus de création d'entreprise. Mais l'arrivée dans la pépinière nous a permis d'entrer en contact avec l'Incubateur Belle de Mai. Nous avons donc intégré ce réseau d'accompagnement des jeunes entreprises innovantes : Oséo, incubateur, pépinière … CS : Quel est l'apport, selon vous, de ses structures d'accompagnement ? Notamment en ce qui concerne la valorisation de la recherche ? BT : Nous avons trouvé un accompagnement humain, un regard extérieur qui nous permet d'avancer sur le projet. Cela nous permet aussi de consolider la structuration du projet, principalement au niveau humain. L'installation dans les locaux de la pépinière et de l'Incubateur est également un levier dans notre développement. Le soutien d'Oséo nous permet d'avoir un ingénieur supplémentaire pour développer de nouvelles solutions et justement d'être toujours plus innovants. CS : Un dernier mot sur votre parcours de chercheur et d'entrepreneur ? BT : Il est important d'être soi-même conscient de ses forces et de ses faiblesses. Il ne faut pas avoir peur de s'associer et de s'entourer. C'est par la synergie de multiples compétences que la valorisation et le transfert de la connaissance peuvent se faire. Plus d'informations sur le site Internet de Technooliq Plus d'informations sur le LIRMM Interview du Directeur du LIRMM |
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