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Newsletter Septembre 2009
Parole à Monsieur Philippe Gorce, Directeur du laboratoire HandiBio | Parole à Monsieur Philippe Gorce, Directeur du laboratoire HandiBio |
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Philippe Gorce, Directeur du laboratoire HandiBio (Université du Sud Toulon Var), spécialisé dans la bio-modélisation et l'ingénierie du handicap, il travaille actuellement sur la compensation des mouvements altérés et des handicaps ... Caroline Boccioli : Pouvez-nous parler de votre domaine de recherche ? Philippe Gorce : Notre domaine de recherche est axé essentiellement sur la compensation des mouvements altérés et des handicaps. Les travaux réalisés dans l'équipe exploitent des connaissances théoriques liées au mouvement humain pour comprendre, quantifier puis modéliser une pathologie ou une déficience motrice. L'objectif à terme, outre une meilleure compréhension du fonctionnement de la motricité humaine, est de proposer des solutions méthodologiques, des logiciels et des matériels pour compenser les conséquences des pathologies étudiées. Notre démarche est donc transdisciplinaire et nous abordons aussi bien les aspects biomécaniques, physiologiques de la déficience motrice. Afin de vous donner une idée des types d'applications que nous développons nous pouvons citer les projets suivants : un simulateur de conduite pour fauteuil roulant électrique est développé au sein du laboratoire pour évaluer les usagers. Nous avons aussi participé au développement d'une base de données des gestes de la langue des signes française pour l'accès au web des personnes sourdes de naissance. Nous travaillons actuellement sur le mouvement de préhension et la propulsion en fauteuil roulant chez la personne para/tétraplégique afin de proposer aux cliniciens des outils et indices permettant de quantifier la rééducation des patients, les orienter lors d'une éventuelle intervention chirurgicale ou lors du choix d'une aide technique. Aussi, dans le cadre du développement de programmes de réhabilitation, nous travaillons sur l'impact de l'entrainement physique sur la qualité de vie de personnes atteintes de la mucoviscidose. CB : Pouvez-vous nous présenter votre laboratoire et votre équipe de recherche ? PG : Le laboratoire est organisé autour de deux thématiques. La première, intitulée « biomodélisation des handicaps », traite de la modélisation biomécanique du mouvement, de l'ergonomie ainsi que de l'ingénierie des handicaps. La seconde thématique nommée « Adaptation biologique et mouvements altérés » envisage quant à elle l'énergétique de la locomotion humaine et la plasticité neuromusculaire à l'exercice, c'est-à-dire la capacité des systèmes nerveux et musculaire à s'adapter à un entrainement ou une rééducation par exemple. Notre laboratoire compte 40 chercheurs permanents et doctorants. Notre plateforme technique qui se trouve sur le campus de la Garde est équipée en moyens de mesures et permet l'enregistrement de l'ensemble des paramètres pertinents du mouvement humain. Ainsi nous sommes à même de quantifier et d'analyser les variables cinématiques (système Vicon à 6 caméras, capteurs électromagnétiques et gants de réalité virtuelle), les efforts développés (plateformes de forces, tapis roulants instrumentés, vélo ergométrique avec capteur de couple) les paramètres physiologiques (Oxycon et K4b2 qui mesurent les échanges gazeux O2 et CO2) et musculaires (activité électrique des muscles). En outre nous disposons d'une plateforme de réalité virtuelle destinée à l'étude de la conduite de fauteuil roulant électrique des sujets présentant une déficience motrice ainsi qu'à l'ergonomie du poste de conduite d'un véhicule automobile. CB : Quelle est votre vision de la valorisation de la recherche ? PG : En ce qui me concerne, la valorisation de la recherche est le corollaire naturel de notre travail et nos développements se conçoivent bien souvent dans ce cadre là. En effet, nous cherchons systématiquement une application ou un débouché à nos recherches. Elle se matérialise par de nombreux projets de recherches et développement en partenariat avec de grandes entreprises (Décathlon, PSA, Renault, Microsoft) ou des PME (Esphi, Robopec, TSR). CB : Vous avez suivi le projet ESPHI (accompagné par l'IPE) depuis le départ, comment s'organise cette collaboration ? PG : Mr Bendahan est un de mes anciens étudiants qui a créé sa société après l'obtention de sa thèse de doctorat en biomécanique. Lorsque sa société a été incubée, il m'a sollicité afin de concrétiser nos échanges et c'est tout naturellement qu'une convention a été signée. Le laboratoire contribue au développement de la société d'une part en lui donnant accès à sa plateforme expérimentale et d'autre part en collaborant sur la rédaction de publications scientifiques. CB : Quelle est votre actualité ? PG : Très récemment (31 aout, 1er et 2 septembre 2009), notre laboratoire a organisé le 34ème congrès de la Société de Biomécanique (www://sb2009.univ-tln.fr). Cette manifestation d'ampleur nationale (150 participants : chercheurs et entreprises) a réuni pour la première fois dans le Var, la communauté scientifique Française de la biomécanique et les principaux acteurs industriels dans le domaine de la mesure du mouvement humain. Des débats fructueux ont ponctué ces trois jours et nous sommes très satisfaits du résultat. Le fruit de ce travail a fait l'objet de la publication d'un numéro spécial d'une revue scientifique internationale reconnue dans notre domaine (Computer Methods in Biomechanics and Biomedical Engineering). CB : Pouvez-vous nous parler de votre éventuelle collaboration avec Robopec (projet accompagné par l'IPE)? PG : J'ai été contacté par Robopec pour initier des échanges scientifiques qui se sont concrétisés par le montage d'un dossier dans le cadre d'un appel de l'Agence Nationale pour la Recherche (ANR). Actuellement nous poursuivons ces échanges dans le cadre d'un co-encadrement de thèse. |
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